Je procrastine, et vous ?

Voilà, c’est dit, cela m’arrive de procrastiner, pas vous ?

Si vous vous demandez ce que c’est, c’est vrai que ce n’est pas un mot très familier. En plus, personne ne l’aime beaucoup… cela veut juste dire repousser à plus tard ce que l’on pourrait (devrait ?) faire maintenant. Pour le Larousse, il s’git même de repousser systématiquement. Pour lalanguefrançaise, plus modéré, c’est une tendance à repousser au lendemain.

Mais en fait, pourquoi ? En général on s’arrête au constat, mais on ne sait pas très bien pourquoi on procrastine.

Les effets de la procrastination

En général, nous vivons tous la procrastination avec beaucoup de culpabilité. Surtout si ça arrive au travail. Nous nous adressons à nous-mêmes reproches sur reproches, et rien n’y fait.

Evidemment, c’est souvent très ennuyeux. On n’avance pas sur le dossier qu’on était censé traiter, et il prend du retard… déjà qu’il n’était pas très fun, en plus maintenant il va falloir le faire en 4e vitesse parce que ça a traîné. Procrastiner, ce n’est pas l’activité que nous préférons, et pourtant, elle arrive… sans que nous l’ayons prévu ! Et elle limite notre performance. Performance préoccupante, forcément, du point de vue du travail à faire, des résultats attendus, mais aussi parce que quand nous ne nous sentons pas efficaces, c’est le début du stress également. Du coup, elle nous ennuie de tous les côtés.

Quand survient la procrastination ?

Heureusement, nous ne procrastinons pas tout le temps. Il paraît qu’elle peut avoir son utilité, selon le philosophe John Perry. Moi, je ne reste pas fan quand même.

Pour ma part, j’ai remarqué qu’elle arrive par périodes, particulièrement quand je me trouve avec une somme de choses à faire en tête trop importantes, qui fait que je ne sais plus par où commencer. Pas pire pour ne rien commencer, ou papillonner entre diverses choses sans vraiment d’intention claire.

Ou, aussi, quand j’ai une chose à faire … que je ne sais pas comment faire. Parce que ce n’est pas dans le coeur de métier, un à-côté nécessaire mais qui est lié à une compétence qu’on n’a pas encore, qui demande beaucoup de travail à acquérir… et surtout si c’est moyennement intéressant.

Ou que je suis simplement stressée. Il y en a partout, je ne sais plus où donner de la tête, et par moments, au lieu de pouvoir foncer sur ce qui serait le plus urgent, non, rien n’y fait, ça ne marche pas et je n’avance pas, en tout cas, pas comme je voudrais !

Par exemple là, ces temps-ci. Au retour de vacances, il faut toujours un temps de re-connexion à où-j’en-étais-avant-de-partir, et pourtant, cette fois je n’ai pas coupé si longtemps puisque j’ai travaillé sur le site (cela ne se voit pas encore tant que ça) pendant une bonne partie des congés. Mais, c’était hors activité habituelle, donc j’ai quand même perdu le fil des autres projets et tâches en cours.

Sans compter qu’au retour, forcément, des mails se sont accumulés, qu’il faut traiter. Le genre de petite tâche pas vraiment urgente mais un peu quand même…

Plus là, arrivée du coronavirus. J’étais dans ma semaine de retour, à fond pour trier par quoi j’allais commencer pour reprendre l’activité, qui appeler, quels rendez-vous prendre, quoi remettre en route, et là, paf ! Confinement. Bizarrement, on a du temps, et pourtant, ça secoue tellement sur le plan économique à venir qu’en fin de compte… je n’ai pas fait grand chose de constructif de cette première semaine de confinement (hormis, bien sûr, faire l’école à la maison). Si, j’ai fait de la compta… ça reste quelque chose de tangible, qui va servir. Mais c’était quand même procrastiner, je faisais autre chose que ce que j’aurais voulu faire (mais quoi d’ailleurs, je n’arrivais à le déterminer !). On tourne encore un peu comme en roue libre, sur le mouvement amorcé avant, mais sans trop bien savoir où on va.

Comment arrêter de procrastiner ?

Alors comment arrêter ça ?

Accepter notre fonctionnement

Ce n’est pas faute de le savoir, et de le dire, le répéter, encore et encore, la tendance à s’auto-flageller a l’air tellement ancrée en moi (en nous ?) qu’il faut que je me pose exprès de temps en temps pour m’en rappeler et lâcher la pression.

Nous ne choissons pas constamment comment nous travaillons.

Illustration adaptée du classique « Schéma à 5 carrés«

d’après Christol et De Terssac (adapté de Leplat et Cuny, 1977)

C’est comme ça, il n’y a pas moyen, le réel sera toujours différent du prescrit (ce qu’on avait prévu) même si c’est nous qui nous prescrivons le travail à nous-mêmes !

A la fois, parce qu’il y a des aléas, de l’imprévu, toujours à un moment donné, et à la fois, parce que… nous ne pouvons pas maîtriser ce qu’il va être facile ou difficile de faire aujourd’hui, l’inspiration du moment. Surtout si le travail a une bonne part de créativité… cela ne se décide pas !

La preuve tout de suite : cet article produit en 1h. Alors que je ne n’en ai pas écrit depuis longtemps… Mais là, l’inspiration est là. Parce que hier j’ai discuté des idées que j’avais en tête, qui étaient toutes floues, et que maintenant que le tri est fait, ma tête est libre et je peux de nouveau penser, des idées émergent.

 

Voilà où les sujets procrastination et ergonomie se rejoignent. Nous n’avons pas tellement publié dessus pourtant apparemment, à en croire ce résultat rapide de recherche Google Scholar.

Réduire la complexité

C’est une de mes techniques pour faire face à cette satanée procrastination !

 

Quand nous procrastinons, en tout cas moi, c’est qu’il est plus facile de faire ce qui est agréable, et dont on voit bien ce qu’il y a à faire pour y parvenir. Ce qui reste de côté… c’est le complexe, le pas bien clair, trop flou, mal défini…

Alors, pour en venir à bout, utilisons ce fameux schéma des 5 carrés (ci-dessus)!

  1. Cette tâche que je repousse tout le temps, c’est quoi exactement ?
  2. Quels sont mes freins ? Qu’est-ce qui fait que je la repousse ? En gardant en tête ce que j’apporte, moi, pour travailler, et ce que je peux avoir à disposition dans l’organisation autour de moi, les moyens, le temps, les autres …
  3. Décortiquer ces « déterminants » : qu’est-ce que cette tâche demande ? et qu’est-ce que j’ai ou non pour la faire ? Pourquoi ?
  4. Trouver comment agir : maintenant que je sais mieux ce qui me manque, reste à voir comment le trouver.

Mais c’est déjà plus facile en ayant clarifié un peu le problème, plutôt que savoir qu’il est vaguement là mais ne pas vouloir le regarder en face !

 

Et quand ma cause de procrastination est d’avoir trop de tâches en tête… je n’ai pour l’instant trouvé que le fait de les lister toutes et les trier pour qu’elles ne me parasitent plus pendant que j’essaie d’en attaquer une.

redéfinir son travail

Une des choses qui fait que cela m’arrive beaucoup moins, c’est aussi que j’ai adapté mon travail à ce que j’aimais faire, et non l’inverse… ce qui est juste un des premiers principes de prévention historique (adapter le travail à l’homme !)

Régulièrement, c’est une bonne idée de prendre du recul sur son travail et vérifier simplement, que nous avons encore envie d’être là où nous sommes…

Et si ce n’est pas le cas… il est probable que cette prise de conscience vous aide à vous mettre en chemin rapidement sans procrastiner !

 

Je suis très adepte de certaines nouvelles tendances de l’entreprenariat qui veulent que l’on commence enfin à accepter qu’il peut y avoir du plaisir au travail, et même, que c’est quelque chose à rechercher. Que ce n’est pas incompatible. Heureusement ! Bien au contraire, le plaisir de travailler à toujours été pour moi le signe que j’allais dans la bonne direction, que j’étais efficace à faire ce que je faisais et à ma place. Quand il n’y a pas de plaisir, c’est le début de l’ennui, et la suite de l’ennui, c’est souvent procrastiner ou essayer de meubler le temps avec autre chose. C’est dommage !

Bon, je crois que ça fera le sujet d’un autre article…

Et vous comment faites-vous ? Est-ce que cela vous arrive souvent de procrastiner ? Comment vous en sortez-vous ? Dites-le moi dans les commentaires ci-dessous !

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